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Le risque inondation

Enjeux et territoires

Le ruissellement est un phénomène naturel qui peut être amplifié par les activités humaines. L’aménagement du territoire, l’agriculture et l’urbanisation impactent directement sur le ruissellement. Les axes naturels d’écoulement sont une composante du système hydrologique d’un bassin versant et doivent être respectés, pour le bon fonctionnement des hydrosystèmes. En revanche, l’aggravation des ruissellements peut être combattue par des mesures correctives ou préventives. En effet, des ruissellements non maîtrisés peuvent causer des dommages aux milieux aquatiques d’une part (transferts de pollution par exemple) et aux biens et aux personnes d’autres part (inondations).

Les territoires hydrographiques sont, par définition, des territoires de l’eau. Par conséquent, ils sont pertinents pour envisager la gestion durable des phénomènes hydrauliques. Le bassin de la Bresle, territoire hydrographique de la Bresle et de ses affluents, peut être divisé en plusieurs sous unités, appelés sous bassins. Ils sont au nombre de 21, auxquels il faut ajouter les zones versant directement dans la Bresle.
 

Etat des lieux du bassin versant de la Bresle

En 2009, l’Institution Bresle a porté une attention toute particulière au thème des ruissellements. Bibliographie, entretiens et autres questionnaires ont permis de finaliser un état des lieux des acteurs compétents et des actions réalisées en la matière.

La situation du bassin de la Bresle est hétérogène : des communautés de communes et un syndicat de bassin versant se répartissent la maîtrise d’ouvrage sur le bassin, mais certains secteurs ne sont couverts par aucun Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI) compétent. C’est pourquoi sur ces secteurs défaillants en maîtrise d’ouvrage, on observe parfois que les communes compensent par la réalisation d’études hydrauliques communales.
En termes d’actions, sur un bassin versant de 748 km², 511 km² n’ont jamais fait l’objet d’une étude hydraulique de bassin versant, dans une logique amont-aval.
 

Portage des projets

Le Conseil d’administration de l’Institution Bresle réuni le 26 octobre 2009 s’est positionné sur cette problématique : l’EPTB remplit un rôle de coordination des acteurs en place, et doit mettre en œuvre le principe de subsidiarité si nécessaire. C’est ainsi que l’Institution s’orienterait vers une maîtrise d’ouvrage pour la réalisation d’études hydrauliques sur les secteurs en demande.

 

Hiérarchisation des territoires

En 2012, chaque sous-bassin du territoire a été caractérisé selon trois critères : enjeu sur les eaux superficielles, enjeu sur les eaux souterraines et enjeu sur la sécurité des biens et des personnes (inondations en zones urbaines). Le croisement de ces trois critères a permis d'élaborer une carte des priorités au titre de la lutte contre le ruissellement et l'érosion. Les résultats sont présentés ci après :

Plusieurs territoires apparaissent en priorité forte :

  • le BV du Liger, déjà aménagé presque en totalité,
  • le BV de la Vimeuse, déjà aménagé dans sa partie amont,
  • le BV du ruisseau d’Haudricourt, déjà partiellement aménagé,
  • le BV de la Méline, déjà partiellement aménagé,
  • le BV d’Eu Sud,
  • le BV de la Fontaine St Pierre.

Cette carte servira de base pour le choix des projets à faire émerger en priorité. Cette démarche ne remet cependant pas en cause la mise en œuvre d’actions sur des territoires moins prioritaires (fonction des opportunités, du contexte locale et des sollicitations).


Les projets en cours

Le sous bassin de Longroy
Ce bassin versant couvre une superficie de 1089 ha répartis sur tout ou partie de 4 communes : LONGROY, GUERVILLE, MILLEBOSC et INCHEVILLE. Une étude a été réalisée par l'EPTB et les 4 communes concernées en 2013. Le programme d'actions proposé s'articule autour de deux types d'aménagements :

  • l'hydraulique douce : haies, fascines, talus, ... dans l'objectif de favoriser la sédimentation des particules fines dans le bassin versant et l’infiltration des eaux de ruissellement pour des pluies fréquentes,
  • l'hydraulique structurante : bassins tampon, barrages, ... dans l'objectif de protéger les zones urbaines contre les inondations pour des pluies plus rares.

Les aménagements proposés pour le bassin versant de LONGROY sont les suivants :

  • 1 000 mètres de haies
  • 200 mètres de fascines
  • 0.5 ha de bandes enherbées
  • 8 micro-seuils
  • 1 mare
  • 4 bassins tampon

Exemple d'une fascine (crédit : EPTB Bresle)


Le sous bassin aval de la Vimeuse et de Bouillancourt en Séry
La partie amont du bassin versant de la Vimeuse a déjà fait l'objet d'études et de travaux dans les années 2000. En 2013, le Syndicat intercommunal de la Vimeuse, en partenariat avec l'EPTB, a réalisé une nouvelle étude sur la partie aval du territoire. 6 527 ha et 13 communes sont concernés : Aigneville, Bouillancourt-en-Séry, Bouttencourt, Buigny-les-Gamaches, Embreville, Framicourt, Frettemeule, Gamaches, Le Translay, Maisnières, Martainneville, Tilloy-Floriville et Vismes-au-Val.

Les aménagements proposés sont les suivants :

  • 6 000 mètres de haies
  • 1 000 mètres de fascines
  • 8.5 ha de bandes enherbées
  • 6 mares
  • 6 bassins tampon

Exemple d'une ravine sur le bassin versant, mars 2012 (Crédit : EPTB Bresle)

 
Le sous bassin d'Eu Sud
Le bassin versant d’« Eu sud » apparaît en priorité forte dans la hiérarchisation des sous bassins présentée ci-avant. Ce territoire de 3 200 ha s’étend sur tout ou partie de 8 communes : Eu, Saint-Pierre-en-Val, Etalondes, Saint-Rémy-Boscrocourt, Le Mesnil-Réaume, Baromesnil, Monchy-sur-Eu et Incheville. Depuis 1994, plus de 15 arrêtés de catastrophes naturelles ont été pris sur ce bassin versant, la plupart à la suite d’inondations par ruissellement. A l'instar des bassins de Longroy, et de la Vimeuse, une étude hydraulique est en cours de réalisation par l'EPTB en partenariat avec les collectivités concernées (Eu, Etalondes, Incheville et la Communauté de Communes Yères et Plateaux).


Le sous bassin d'Incheville

L'étude sur ce territoire devrait débuter avant la fin de l'année. Elle concerne 2 000 ha environ répartis sur tout ou partie de 6 communes : Incheville, Guerville, Millebosc, Melleville, Mesnil Réaume et Monchy sur Eu.


La commune de Monchaux Soreng

Au cours de l'année 2012, la commune de Monchaux-Soreng a sollicité l’EPTB pour un problème de ruissellement au niveau de la rue de l’église. Cette dernière est l’exutoire d’un petit bassin versant constitué d’une parcelle cultivée en amont de la RD49 (8 ha environ). Au niveau du point bas de la parcelle, les eaux de ruissellement passent sous la route puis ressortent en surface dans une petite parcelle communale avant de rejoindre la rue de l’église. Les eaux chargées en sédiments (érosion de la parcelle agricole en question) sont ensuite collectées par le réseau d’eaux pluviales de la commune dont l’exutoire est un rejet direct dans la Bresle. L'EPTB a proposé à la mairie une solution pour limiter le phénomène. Elle consiste à aménager une mare tampon sur la parcelle communale et à mettre en place une fascine au niveau du point de la parcelle agricole pour piéger les sédiments. Le projet a été validé par la commune. Les travaux sont prévus avant la fin de l'année.



Ruissellement de la rue de l'église, décembre 2012 (crédit : Mairie de Monchaux Soreng)



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